Ubuntu : je suis parce que nous sommes

Ubuntu : je suis parce que nous sommes

Ubuntu : je suis parce que nous sommes

Ubuntu : je suis parce que nous sommes.

Je dois vous avouer qu’avant de prendre part en qualité d’éditeur, au fantastique projet proposé par l’association Matins du Monde, porté par le talentueux Yor Pfeiffer, j’ignorais totalement l’existence du mot « Ubuntu », qui est une philosophie humaniste africaine.

Si vous ne connaissez pas non plus, le mot « Ubuntu » provient du concept zoulou « Umuntu ngumuntu Ngabantu». Ce qui signifie « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous». Une expression reprise par ailleurs par Leymah Gwobee, Prix Nobel de la paix en 2011. Consacrant ainsi sa lutte non violente en faveur de la sécurité des femmes et de leurs droits à participer aux processus de paix. Et que l’on peut encore reformuler et simplifier ainsi : Je suis parce que nous sommes.

D’autres illustres personnalités ont permises plus largement d’en appréhender le concept. C’est le cas du Prix Nobel 1984 de la paix Desmond Mpilo Tutu, qui présentait cette notion ainsi :

« Quelqu’un d’ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand — et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou opprimés. »

Un concept rendu plus célèbre encore grâce à Nelson Mandela.

Mais  aussi et surtout Nelson Mandela. Il s’en est inspiré pour sa politique de réconciliation nationale pour l’Afrique du Sud, afin de sortir de l’apartheid. Lors d’une interview, il donnait deux clés pour mieux appréhender l’esprit Ubuntu, à commencer par l’hospitalité :

Dans l’ancien temps quand nous étions jeunes, un voyageur qui passait dans un pays et s’arrêtait dans un village n’avait pas besoin de demander de la nourriture ou de l’eau. Lorsqu’il s’arrêtait, les gens lui donnaient de la nourriture et s’occupaient de lui. C’est l’un des aspects d’Ubuntu mais il y en a d’autres.

A l’heure où le monde doit faire face à de plus en plus de réfugiés, ses paroles résonnent tout particulièrement. De même il lui avait semblé bon de rappeler la nécessité d’avoir le sens des responsabilités et du partage  :

Ubuntu ne signifie pas que les gens ne doivent pas s’occuper d’eux-mêmes.
La question est donc, que vas-tu faire pour développer la communauté autour de toi, et permettre de l’améliorer ?
C’est cela qui est important dans la vie.
Et si on peut faire cela, on a fait quelque chose de très significatif qui sera apprécié.

Un conte philosophique viral

Après l’histoire, voici un autre aspect de l’Ubuntu, véritable buzz viral sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’une version fabulée, souvent accompagnée de la photo en haut de l’article (dont le photographe m’est pour l’heure inconnu), et qui illustre également très bien la portée de cette pensée philosophique. Et comme pour toute histoire, il était une fois…

… un anthropologue qui se trouvait dans la tribu Xhosa d’Afrique australe. Afin de mieux étudier le modèle social de la communauté, il proposa un jeu aux enfants. Il avait disposé au pied d’un arbre une corbeille de fruit et annonça : « le premier d’entre vous qui arrive au panier de fruit remportera tous les fruits pour lui ». Alors qu’il s’attendait à les voir courir pour remporter le cadeau proposé, les enfants se tinrent la main et avancèrent ensemble vers la corbeille. Intrigué l’anthropologue leur demanda pourquoi ils agissaient de la sorte. Ce à quoi, un enfant lui répondit : « Ubuntu » puis compléta au regard éberlué de l’anthropologue « Comment pourrais-je être heureux si les autres sont tristes et n’ont rien ? Ubuntu, je suis parce que nous sommes ».

Si elle n’a aucun ancrage historique, on appréciera néanmoins l’impact métaphorique de ce conte universel, accessible à toutes et tous.

Un livre à partager

Pour en revenir à Yor, son histoire est celle d’une différence invisible, « cadeau tragique » offert à la naissance. Il se révèle être un enfant surdoué, de ceux que l’on qualifierait aujourd’hui de « haut potentiel intellectuel » ou de « zèbre ». Cette intelligence différente apportera avec elle son lot de richesses et de souffrances, souvent causes ou conséquences d’un besoin farouche d’unité et de lien. Son « Je suis parce que nous sommes » est un livre témoignage, l’histoire passionnante d’une trajectoire humaine faite de cimes et d’abîmes. Il aidera le lecteur à mieux comprendre les zèbres et à reconnaître des caractéristiques communes à beaucoup d’entre eux.

Et c’est pour illustrer tout ce fond et la richesse de l’Ubuntu, que Yor Pfeiffer a décidé de partager son livre avec 10 autres auteurs, que l’on retrouve en seconde partie du livre. Chacun a pu écrire ce qu’exprimait pour eux les mots Je suis parce que nous sommes. Une résonance sous les plumes d’auteurs de tous horizons (Hamidou Anne, Catherine Birrer, Isabelle Boulanger, Frédou, Florence Gavelle, Jo Gustin, Aude Joddelin, Élisabeth Larbre, Sortilège Magyque, Jean-Luc Mercier, Luigi Rignanese, Marie-Noëlle Rinne, Milie Elias), qui vous emmèneront dans un voyage sensible et émouvant, au cœur des liens qui nous unissent. Des témoignages tout aussi émouvants que je vous encourage à découvrir en commandant le livre au format papier ou alors au format numérique.

Léo

Dépeindre les fonds abyssaux pour encourager la mise en lumière de nos lueurs fragiles. Aux rythmes de mes jours, aux rendus de mes nuits, auteur malgré moi...

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